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Mensonges d’Ekinoxe Origin dans son dossier de presse

Hier, alors que je cherchais par curiosité des photos de l’agence Ekinoxe Origin à Roubaix, j’ai cherché « ekinoxe origin 650 m2 », et le premier résultat est un dossier de presse de 19 pages (format PDF).

Comme tout dossier de presse, on peut s’attendre à ce qu’il livre une version enjolivée de la réalité, rien d’anormal, on cherche à se faire bien voir des journalistes et on espère qui transmettront l’information.

Sauf que, plusieurs choses m’ont fait réagir dans ce dossier de la société de Stéphane DEJONGHE, Thomas DELAERE et Laurent GUILBERT. Je vais ici parler principalement d’une phrase qui relève carrément de la désinformation. Je précise que j’ai signalé tout cela à l’agence Web Ekinoxe Origin vendredi en fin de matinée (11h42), et les ai vivement invité à corriger la situation d’ici au vendredi soir, sans quoi je dénoncerai ce mensonge.

Donc acte.

Ekinoxe Origin proposerait une solution de crédit

Page 3, chapitre 2 « Ekinoxe ou l’Internet à la portée de TPE et PME », on peut lire la phrase suivante :

Une solution de crédit spécifique (en moyenne sur 4 ans) permet même aux plus petites structures de s’offrir un site Internet performant et efficace.

Capture d'écran d'un extrait du dossier de presse ; section relative à un solution de crédit-bail

Selon de nombreux témoignages, c’est faux, pour les 3 raisons suivantes :

  1. ce n’est pas un crédit, mais un crédit-bail,
  2. il n’est pas proposé ou permis mais engagé de façon cachée de la vue du client,
  3. ce n’est pas une solution d’Ekinoxe Origin, mais de leur partenaire Parfip, société de financement.

Explications point par point.

Un crédit-bail n’est pas un crédit

Ekinoxe Origin fait référence dans cette phrase au crédit-bail. Ekinoxe Origin semble jouer avec les mots, or « crédit » et « crédit-bail » ne signifient pas du tout le même mode de financement d’un bien.

Un crédit est un prêt d’argent de la part d’une banque ou organisme de crédit à une personne, en vue d’acheter un bien. L’apport financier de la banque permet à la personne de payer le bien en une seule fois (« comptant »). Une fois l’achat réalisé, la personne devient alors immédiatement propriétaire de ce bien et n’est redevable de rien au vendeur, mais devra rembourser à sa banque le prêt pendant plusieurs mois ou années (majoré d’intérêts).

Un crédit-bail est un produit financier qui permet d’utiliser un bien sans le posséder, en contrepartie d’une redevance mensuelle. Le propriétaire du bien n’est pas l’utilisateur (la personne) mais la société de crédit-bail (aussi appelé société de « leasing » en anglais). La personne qui souhaite utiliser ce bien paie l’abonnement pendant plusieurs mois ou années, fixé à l’avance par contrat. À l’échéance de l’abonnement se dégage une option de propriété. Il est en effet possible que la personne ait alors payé autant que le prix de vente du bien. En toute logique, cela lui donne donc le droit de enfin posséder le bien.

Seulement voilà, la propriété n’est qu’une option qui doit évidemment être souscrite lors de la signature du contrat… si ledit contrat inclut cette option. Dans le cas d’Ekinoxe Origin, des témoignages affirment que le site est détruit si le client ne continue pas à payer après l’échéance. Chloé Delecroix, rédactrice Web et assistante de communication, affirme sur Wikipédia que les sites dont les mensualités ne sont plus payées sont mis hors-ligne. Cela suggère que le site est réactivé si le client signe  nouveau un contrat, sans doute le genre de contrat qui va l’engager pendant plusieurs années. Je me demande si cette façon de pousser le client à se ré-engager ne pourrait pas être interprétée comme un façon de faire une forme de chantage : « Soit vous payez, et pendant plusieurs années, soit on détruit le site ! ». (À défaut de chantage, cette pratique génère tout de même une pression morale certaine sur le client, car fait planer une menace sur la visibilité commerciale, la réputation, le chiffre d’affaires, le bénéfice et donc au final sur la survie de l’entreprise.)

Dans un cas comme dans l’autre, cela veut peut-être dire que le client d’Ekinoxe Origin ne sera jamais propriétaire de son propre site, qu’il aura pourtant pleinement payé ! J’ai bien demandé à Stéphane Dejonghe (confondateur, dirigeant et commercial) de me confirmer cette supposition.

Sur le plan légal, un site appartient, de même qu’un programme informatique

Ekinoxe Origin réussi à faire signer sournoisement ce contrat de crédit-bail

Des témoignages de clients (ou supposés clients) signalent qu’ils n’étaient pas au courant d’avoir souscrit à ce mode de financement. Il ne serait donc pas « permis » au sens de « proposé » au client, mais bien « fourgué » voire « forcé », peut-être par la ruse.

Une ruse possible est de faire signer le prospect en ne soulevant que le coin des pages du contrat. Ainsi, le prospect ne peut pas voir donc lire le contrat dans son intégralité. Si cela est utilisé par des commerciaux d’Ekinoxe Origin, le contrat pourrait être annulé car l’emploi d’une telle technique relève de la manoeuvre dolosive. Le problème est de prouver qu’elle a été employée.

Ce point (souscription « cachée ») est en lien direct avec le suivant.

Ekinoxe Origin n’est pas l’organisme de crédit lié au contrat

L’entreprise Parfip est une société de financement partenaire d’Ekinoxe Origin. Selon des témoignages de clients, leur contrat de site Web est revenu à la société Parfip sitôt signé. En tout cas, des prélèvements bancaires sont réalisés au nom de Parfip et Parfip possède de nombreux sites Internet réalisés par Ekinoxe Origin.

Il semble que le contrat de payement de redevances à Parfip soit inclus ou placé à la suite du contrat d’Ekinoxe Origin, de sorte que lors de la signature, le prospect signe deux contrats sans le savoir.

Il y a ici un motif potentiel d’annulation de contrat en raison de deux mensonges : aucun client n’affirme avoir été informé que son site allait être revendu, ni que le prestataire de crédit allait être Parfip. (Il serait étonnant qu’une agence de communication soit habilitée à pratiquer des opérations financières !)

Notes sur ce point (mensonges sur le crédit d’un contrat de site Web)

J’ai cherché dans tout le dossier de presse, le mot « crédit » n’est présent que à cet endroit du document. De même, Stéphane Dejonghe m’avait affirmé lors de son opération séduction que le site Web d’Ekinoxe Origin comporterait une page qui parle de ce mode de financement. Je viens d’utiliser le moteur de recherche interne de http://www.ekinoxe.fr, http://www.ekinoxe.com et http://www.ekinoxe.be : aucun résultat sur le mot-clé « crédit ».

Autres points qui me dérangent dans ce dossier de presse

Le suivi des clients d’Ekinoxe Origin

On peut lire à plusieurs endroits que le suivi serait « renforcé » (page 2) ou que « la satisfaction [est] au coeur de [leurs] préoccupations » (page 14). Ekinoxe Origin affirme aussi qu’elle « accompagne [le client] pour que [son] projet corresponde parfaitement à [ses] attentes » (page 3) ou encore que leur réussite (à Ekinoxe Origin) tient notamment à « l’accompagnement [du client] durant toute la durée du contrat« .

Des témoignages le jugent au contraire lent, inexistant ou dur d’oreille (nombreuses relances de demandes). Des clients se plaignent de retard de livraison, ou de bogues.

Le manque de précisions sur les modalités de gestion autonome du site Web

Ekinoxe Origin affirme proposer un « panel cohérent et complet de solutions adaptées [aux besoins de ses clients] » (page 3).

Un site vitrine créé par Ekinoxe Origin permet à son utilisateur (qui n’en est pas le propriétaire, rappelons-le) d' »insérer un nombre de rubriques et de pages illimitées » (page 7). C’est le site de base, qui permet de présenter son entreprise sur la Toile.

Dans la formule « Boutique » (page 9) , le client « bénéficie d’un site au nombre de références illimités« . La personne qui gère le site www.accessoire-mariage.com m’a assuré qu’elle pouvait bien gérer les produits de sa base de données, mais pas ajouter de nouvelles pages, uniquement éditer celles existantes. Il y aurait donc une sorte de choix à faire entre base de données (les produits de la boutique) et contenu éditorial ? Alors que des systèmes de gestion de contenu tels CMS Made Simple ou Magento proposent tout cela gratuitement ? ! Bien que parfaitement légales si contractées correctement, ces conditions sont tout de même contestables sur le plan moral. J’ai aussi tendance à penser qu’un site plus « évolué » comprend toutes les fonctionnaliés de celui d’évolution N-1.

De plus, Ekinoxe origin affirme que les solutions proposées « permettent […] de gérer leur site de manière autonome sans surcoût ». Peut-on vraiment être autonome si l’on ne peut pas maîtriser à 100 % le contenu de son site et l’architecture de ses contenus ? Cette notion d’autonomie est ici sujette à interprétation.

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